Extraits
Je regarde le monde
à travers mes poumons
Ici, pas de graphologie, de chiromancie
La seule empreinte
C'est le souffle
Je vois des femmes et des hommes
Transporter leur souffle en bandoulière
Comme on porte des glaçons
à la montagne
Dans des journée chaudes
Soudain
Les persécuteurs !
Le brouhaha
Le verbe taire
Ils s'opposent à son passage au corps
Contestent qu'elle transparaisse
devienne feuille
Entre nous, le bord d'un gouffre
Un espace noir
Le jardin s'évapore dans la chaleur d'août
Tout autour bruisse :
Souffle, souffle
Dans une défeuillaison rapide
Voilà des poumons, partout
Le jardinier coupe les roses
Leurs têtes fanées
Teintées des derniers rayons du crépuscule
S'amassent, se multiplient
Dans le grand seau à ses pieds
Sombrent sans un cri
Le jardinier
Avec ses ciseaux !
Un jour avec le printemps
Avec le printemps, un jour
Les bourgeons vont éclater, blanc porcelaine
Vêtit de mes poumons, le pommier
A ouvert ses bronches frêles
Irradie le souffle embaumé
Ils m'ont ouvert la porte
Cette entrée exiguë
Qui mène au jardin fluide du souffle
Ils ont démoli les entraves
Comme de mauvaises herbes
Auxquelles on dit non
Tahereh BAREI